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Une Clinique De Vente De Bébé Démantelée

Les temps sont durs, c’est sûr. Sinon comment comprendre qu’une mère mette au monde son bébé et ensuite le vende ?  Qu’est ce qui peut pousser une femme a se lancer dans la vente de bébé ?

Plusieurs questions auxquelles il est bon de donner des réponses. Une journaliste de la BBC s’est faite passer pour un acheteur de bébé et a mis a nu, une clinique dans laquelle était vendu des bébés de mères très pauvres et sans repère.

Les trafiquants paient des sommes scandaleusement basses. Sarah avait 17 ans lorsqu’elle est tombée enceinte de son deuxième enfant, sans aucun moyen de subvenir aux besoins du bébé, dit-elle.

ph:dr/bébé vendus

Selon un reportage publié sur la BBC, beaucoup de filles vendent leurs bébés en raison de difficultés.

Le Kenya a l’un des taux les plus élevés de grossesse chez les adolescentes en Afrique, et les experts de la santé disent que le problème s’est aggravé pendant la pandémie de coronavirus, certaines femmes étant poussées à se prostituer pour survivre et les jeunes filles ne pouvant poursuivre leur scolarité avec le confinement.

Les jeunes femmes viennent dans les villes pour chercher du travail, elles se mettent en couple, tombent enceintes et sont abandonnées par le père de leur enfant », raconte Prudence Mutiso, une avocate kenyane spécialisée dans la protection de l’enfance et les droits génésiques.

« Si le père ne veut pas payer, alors ces femmes et ces filles doivent trouver d’autres moyens de remplacer ce revenu. Et c’est ce qui les pousse à s’adresser à ces vendeurs de bébés, afin qu’elles puissent obtenir de quoi subvenir à leurs besoins et peut-être à ceux des enfants qu’elles ont déjà chez eux. Les gens n’en parlent pas ouvertement, mais ça existe », poursuit l’avocate.

ph:dr/bébé vendus

Lorsqu’une femme se retrouve dans la situation de ces jeunes filles au Kenya, plusieurs facteurs peuvent converger pour la pousser dans les mains des trafiquants.

L’avortement est illégal, sauf si la vie de la mère ou de l’enfant est en danger, ce qui ne laisse que des alternatives illégales et dangereuses. Ces femmes ont souvent été victimisées et stigmatisées, en particulier dans les zones rurales, et elles ont tendance à s’enfuir, ce qui les place dans des situations vulnérables dans les villes.

Quelques semaines avant la date prévue de son accouchement, quelqu’un a présenté à la jeune maman, une femme bien habillée du nom de Mary Auma, qui lui a dit de ne pas se faire avorter ou de mettre fin à sa vie.

Mary Auma dirige une clinique illégale dans Kayole, un bidonville de Nairobi. Elle a donné à Adama 483.778 FCFA et lui a dit de venir à la clinique le lendemain. La clinique improvisée de Mary Auma n’est pas vraiment une clinique. Ce sont deux pièces cachées derrière une façade de magasin discrète dans une rue de Kayole. A l’intérieur, il y a quelques étagères pour la plupart vides, parsemées de vieux médicaments, derrière lesquelles se trouvent les salles où les femmes peuvent accoucher.

ph:dr/bébé vendus

Auma est assise à l’intérieur avec son assistante, achetant et vendant des bébés, sans avoir à vérifier qui les achète ou à quoi ils servent. Elle a dit à la jeune mère que ses acheteurs étaient des parents aimants incapables de concevoir, qui allaient subvenir aux besoins d’un enfant très désiré. Mais en réalité, Auma vendra un bébé à au premier venu qui se promènera dans la rue avec la bonne somme d’argent.

Auma dit aussi aux futures mères qu’elle est une ancienne infirmière, mais qu’elle n’a pas l’équipement médical, les compétences ou les installations sanitaires nécessaires pour faire face à un grave problème pendant l’accouchement. Son appartement était sale, elle utilisait un petit récipient pour le sang, elle n’avait pas de cuvette, et le lit n’était pas propre », se souvient Adama. « Mais j’étais désespérée, je n’avais pas le choix. »

Quand la jeune mère est arrivée à la clinique, Mary Auma lui a donné deux comprimés sans prévenir, pour provoquer le travail. Auma avait un acheteur en ligne et elle était impatiente de faire une vente.

Après l’accouchement, le bébé de la jeune dame a eu des problèmes de santé. Il a été soigné et guéri. La jeune mère a ensuite été a nouveau accueilli pour son ancien locataire. Une semaine après son accouchement, elle a rencontré à nouveau Auma. Auma lui a donné 483 FCFA (100 shillings) supplémentaires et lui a dit de venir à la clinique le lendemain. « Un nouveau paquet est né », a écrit Auma à son acheteur. « 45,000 shilling kenyans »

Mary Auma n’offrait pas à Adama les 217 584 FCFA (45 000 shillings), elle faisait une offre à l’acheteur. Elle a offert à Adama 50 723 FCFA (10 000 shillings). Mais Mary Auma ne savait pas que l’acheteur qu’elle avait trouvé était un journaliste sous couverture travaillant pour la BBC, dans le cadre d’une enquête d’un an sur le trafic d’enfants. C’est ainsi que la dame trafiqueuse d’enfant a été démasqué et mis aux arrêts.

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